Nouvelle publication !
December 24, 2009
Pratiques du patrimoine
en Egypte et au Soudan
The newest book I coedited for the CEDEJ (Cairo, MAEE/CNRS USR 3123) scientific journal Egypte/Monde arabe, was realeased on the 21st of December in Cairo. It will be available soon on line at ema.revues.org. Meanwhile, you can order it by clicking on the cover below (they ship worldwide!). I’m quite happy with the outcome of that long editing process: it’s elegant and the content is definitively original. Read below the abstract of the book and download the table of content.
Comment et pourquoi invente-t-on du patrimoine en Égypte et au Soudan ? Quels sont les objectifs qui sous-tendent les phénomènes de diversifications et d’inflation patrimoniales qui y sont aujourd’hui à l’œuvre ? Telles sont les questions explorées dans ce numéro d’Égypte/ Monde Arabe.
L’Égypte et le Soudan offrent des exemples remarquables de patrimonialisation. Du Caire à Siwa en passant par Alexandrie, de Naqa à Wadi Halfa en passant par Khartoum, du patrimoine archéologique, architectural et urbain au patrimoine folklorique, ethnologique et religieux, l’analyse de ces situations suggère des rapprochements stimulants. Les treize contributeurs à cet ouvrage – architectes, anthropologues, musicologues, historiens, archéologues, médiateurs – ont en commun de chercher à cerner le cheminement qui amène à tenir pour acquis l’existence et l’importance des valeurs patrimoniales attribuées à des ensembles d’objets, lieux, évènements ou traditions.
Cet ouvrage rend compte de la difficulté d’appréhension d’un sujet encore très peu exploré en Égypte et au Soudan et met en lumière une nouvelle donne patrimoniale traduisant une mutation de l’agencement des territoires et des identités. En ce sens, il apporte un éclairage inédit à propos des articulations, des décalages, voire des hiatus existants, entre « fabrication » et « pratiques » du patrimoine.
Omnia Aboukorah, architecte et docteur en géographie, est chercheuse associée au CEDEJ. Spécialiste des processus de patrimonialisation du cadre architectural et urbain, elle s’est particulièrement intéressée aux terrains égyptien et éthiopien.
Jean-Gabriel Leturcq est doctorant en Histoire à l’EHESS (Paris) et chercheur associé au CEDEJ. Il est spécialiste des politiques du patrimoine et des musées en Égypte et au Soudan.
Avec les contributions de Mercedes Volait, Vincent Battesti, Karim ben Meriem, Severine Gabry, Emmanuelle Perrin, Galila El Kady, Thomas Fracapani, Aymé Lebon, Iris Seri-Hersch, Ida Dyrkorn-Heierland, Coralie Gradel, Costanza de Simone.
Consulter le sommaire en cliquant ici: Sommaire EMA 5-6
Unesco Election: Looking for a Consensus
September 16, 2009
Here is an article published (in French) in the Swiss weekly L’Hebdo (Lausanne) on the September 9th, 2009. The original article can be downloaded here (with a great cartoon)!
Election à l’Unesco: Le clash des cultures?
L’organisation désigne son nouveau directeur le 17 septembre. Mais les deux favoris en lice, l’Egyptien Farouk Hosni et l’Autrichienne Benita Ferrero-Waldner, n’ont guère de vision et jouent la carte du «choc des civilisations».
texte Jean-Gabriel LETURCQ et Andreas WESTERWINTER
En septembre, l’Unesco doit élire son nouveau directeur général. Parmi les neuf candidats en lice, deux monopolisent l’attention des médias. Ils sont aussi les plus controversés. D’un côté, le ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, qui avait promis en 2008 de «brûler tous les livres israéliens» dans les bibliothèques égyptiennes et qui se présente comme «une chance pour la culture arabe». De l’autre, Benita Ferrero-Waldner, actuelle commissaire pour les relations extérieures de l’Union européenne (UE) et ancienne ministre autrichienne dans un gouvernement de coalition avec le parti d’extrême droite de Jörg Haider, le FPÖ.
Présumés favoris, du fait de leur notoriété relative, Hosni et Ferrero-Waldner orientent leur campagne vers une rhétorique du «choc des civilisations» qui sert leurs intérêts respectifs; mais, si elle se révélait assez efficace, elle décrédibiliserait sans doute l’Unesco. Car la tâche de cette agence de l’ONU, basée à Paris, ne se limite pas à désigner des zones de patrimoine culturel mondial. Comme son nom l’indique, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, les sciences et la culture a des mandats bien plus vastes. L’Unesco est censée aider les pays les plus défavorisés à mettre en oeuvre des politiques éducatives, à promouvoir des politiques scientifiques, à établir des normes universelles en bioéthique ou, encore, à favoriser le dialogue entre les cultures par la promotion de l’éducation, des sciences et de la culture. L’élection du directeur général est donc l’occasion pour l’organisation de repenser ses missions et ses défis. Seulement voilà, vu le profil des deux «favoris», la question se pose: sont-ils à la hauteur?
Forthcoming…
July 18, 2009
What’s on the shelf right now?
I got busy lately and disapeared from the outside world. I canceled all my spring conferences but in my underground office, it’s sprouting!
I’m finishing my PhD dissertation (still): I wrote the parts on the Unesco/Egypt/Sudan Campaign to Save the Monuments of Nubia. I took a move from the official catechism of International (generous) cooperation… it’s all about politics, business and diplomacy… at the very end, it’s about culture. It rocks! More will be published here, soon.
I’m following Farouk Hosni’s Campaign for the Unesco’s head job. It’s more interesting than a Ramadan musalsal (telenovela, feuilleton). This campaign is much about talking (normalisation, no normalisation with Israel, etc.), much about diplomacy, so few on Unesco, on culture, science and education… I’m planning to publish something before the election round in September 2009.
I’m also finishing the editing process of next issue of the Cedej Journal Egypte/Monde Arabe on heritage-making policies in Egypt and Sudan. To be released after Ramadan in October (insha’Allah), we are planning to publish simultaneously a paper and a digital edition! Keep updated!
I’m looking for a job: my plans to get a research position in Sudan are postponed. I don’t give up with working on heritage, identity and violence. I’m already dreaming of a postdoc somewhere else. I will have to explain all this here, soon.
What else?
You can still email me (leturcq[at]ehess.fr): I love to reply emails! Or send me a postcard from your holidays… I wish a nice summer to all! Don’t forget to visit museums, sites and ask for more exhibitions all over the world !!*
Whose Pharaohs?
June 6, 2009
Article publié in Qantara, 62, Janvier 2007 et partiellement reproduit (sans autorisation dans La nouvelle République d’Alger, 18 septembre 2007)
De l’appropriation du patrimoine préislamique dans le monde arabe.
Le 5 avril 2003, tandis que les forces américaines entraient dans Bagdad, les media annonçaient le pillage du Musée Iraqien et la disparition de 170 000 pièces d’antiquités. La réaction internationale condamnait alors avec la perte irrémédiable de collections d’objets assyriens, babyloniens, etc. la destruction d’un patrimoine de l’humanité. Les Irakiens pour leur part dénonçaient la destruction de leur patrimoine national[1]. Universel ou national ?
À qui appartiennent donc les antiquités assyriennes, babyloniennes en Iraq ou Syrie, pharaoniques en Égypte, phéniciennes au Liban, byzantines en Jordanie, mais aussi romaines, berbères en Algérie, Tunisie, Libye et au Maroc, ou “négro-africaine” au Soudan ou en Somalie ? Comment les témoignages matériels de l’époque préislamique, l’héritage de la jahilyya en quelque sorte, peuvent être intégrés aux constructions des nations modernes à dominante musulmane ? Bien qu’on constate que c’est avec une intensité fort différente que s’exercent les demandes de restitution des œuvres acquises illicitement et conservées aujourd’hui dans les musées occidentaux, les patrimoines préislamiques dans le monde arabe sont finalement devenus des objets de négociation pour les États contemporains. Patrimoine mondial, patrimoine national : ces antiquités appartiennent-elles aux dites nations ou au reste du monde ? Comment les antiquités préislamiques sont devenues des enjeux identitaires tant au niveau des nations que sur la scène internationale ?
Cartographie d’un Orient moyen
April 16, 2009

cliquez sur l’image pour “découvrir” le livre!
Livre d’artiste et mot tiroir!
J’ai participé à un livre d’artiste: Emmanuelle March, éditrice de MOTAMO crée des livres qui sont des objets drôles, amusants, poétiques et intelligents. Son cinquième livre s’appelle CARTE. Elle a invité 13 personnes (artistes, graphistes, chercheurs…) à réfléchir sur le mot “carte” et à en tirer les tiroirs. C’est un petit livre suprenant – emballé dans une enveloppe carte – qui pense les contours du mot carte en clin d’oeil, avec humour comme un calembour! Une carte objet, une carte à jouer, une carte à vol d’oiseau: à acheter et à manipuler avec plaisir!
Et voilà mon texte (jeu) sans la couleur de l’objet, le grain du papier, le plaisir du lettrage… (pour voir le texte cliquer sur le titre): “Cartographie d’un Orient-moyen“
Les guerres du patrimoine
February 23, 2009
Le patrimoine est-il une des cibles des guerres du XXIe siècle?
Le 23 février 2009, le Musée iraqien de Bagdad a été réinauguré après près de six ans de fermeture. On se souvient du pillage du musée en avril 2003 au moment de l’entrée des troupes américaines dans Bagdad. Le symbole était fort dans le contexte d’une action armée -invasion- critiquée par la communauté internationale. Les Iraqiens dénonçaient la destruction de leur patrimoine national. La réaction internationale condamnait alors avec la perte irrémédiable de collections d’objets assyriens, babyloniens, etc. la destruction d’un patrimoine de l’humanité. Le texte qui suit est tiré d’une intervention donnée au Cedej, Le Caire en octobre 2006 dans le cadre d’une projection sur le film de Mika Assaf, La mémoire volée, retour au musée de Bagdad (2006).
Restitution d’oeuvres d’art: différentiels maghrébins
January 29, 2009
Above is the presentation related with the article beneath:
« La question des restitutions d’œuvres d’art : différentiels maghrébins », L’Année du Maghreb, Paris, CNRS édition, 2008, p. 79-97 (Dossier « La fabrique de la mémoire : variations maghrébines », dir. Jean-Philippe Bras).
Here is the introduction:
« Eh quoi ? Les indiens massacrés, le monde musulman vidé de lui-même, le monde chinois pendant un bon siècle, souillé et dénaturé, le monde nègre disqualifié, d’immenses voix à jamais éteintes, des foyers dispersés au vent, tout ce bousillage, tout ce gaspillage, l’Humanité réduite au monologue, et vous croyez que tout cela ne se paie pas ? » Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950
Depuis une quinzaine d’années, les demandes de restitutions d’objets pillés par les puissances coloniales ne cessent d’augmenter en nombre comme en médiatisation. Parallèlement, la question des réparations de la dette morale et physique du colonialisme s’est engagée entre anciens colonisés et colonisateurs. Le débat sur les restitutions et les réparations conditionne les rapports Nord-Sud ; comme si, pour faire mentir Aimé Césaire, l’Humanité n’était pas réduite au monologue et que le bousillage devait être payé. La restitution d’oeuvres d’art sert-elle la réparation d’un passé bafoué ? Comment des objets de patrimoine sont-ils devenus des objets de conflits ? Read the rest of this entry »
Heritage Policies in Sudan
January 5, 2009
Here is the powerpoint presentation of a conference given in the Biannual conference (ECAS) of the European network of African Studies (AEGIS) in Leiden 2007.
It covers one of my favorite topics:
heritage policies in the “post-conflict” Sudan.
Summary:
This paper is an abstract of the communication given in the ECAS, the second biennial conference of AEGIS (Africa-Europe Group for Interdisplinary Studies) in Leiden, on the 10th of July 2007. This article presents the results of my fieldwork research in Sudan in April-March 2006 and January-April 2007. A complete version of this article will published in Egypte/Monde arabe 5-6 on Heritage policies in Egypt and Sudan (forthcoming, first semester 2008).
This paper aims at reconsidering the evidence of national identity construction through a reflection on heritage-making and its institutional mechanisms in the Sudanese context.
The fifty-years civil war of Sudan has been considered by many analysts as a war of competing identities [1]. Since the signature of the Comprehensive Peace Agreement (CPA) in 2005, the reconstruction of the country is presented as the priority of the authorities, but the internal context remains very conflictive (e.g. Darfur) and the national integrity is still problematic (referendum on the autonomy of Southern Sudan in 2011). However, cultural heritage is being promoted by national authorities and international agencies according to the CPA implementation agenda. Heritage is used as a resource to develop cultural diversity as well as a national identity.







