Libya: The Arch of Silence

May 19, 2011

Here is the very beginning of a (short) article (in French) that has just been published in Qantara, Magazine des cultures arabes et méditerranéennes of the Institut du Monde Arabe, Paris.

Cet article fait partie d’un dossier spécial “Patrimoine antique, le regard des Arabes“. Coordonné par François Zabbal, ce dossier analyse le transformation du regard porté sur les antiquités gréco-romaines dans le monde arabe. Observée depuis une décennie, cette transformation semble s’accélérer avec le “printemps arabe”. Loin des considérations politiques du moment? Peut-être pas, car il s’agit d’observer comment les identités collectives se font et se défont.

The Arch of Marcus Aurelius as a cinema, 1911

The Arch of Marcus Aurelius as a cinema, 1911

Un arc aux objets encombrants

Elevé au IIe siècle, l’arc de triomphe de Marc Aurèle règne au coeur de la médina de Tripoli de Libye. Ranimé voici un siècle par le colonisatur italien, qui en fit le symbole de la romanité glorieuse, il est à l’inverse tout juste toléré depuis l’instauration du régime de Khadafi, victime de la décolonisation de l’histoire nationale entreprise par le colonel. Mais peut-on occulter l’Histoire en la passant sous silence?

Situé à l’extrémité Nord de la médina l’arc de triomphe de Marc Aurèle célébrait la conquête de la région par l’empereur. Ultime vestige de l’antique cité d’OEa, il constitue une présence incongrue, celle d’un monument romain dans la ville arabe, plus précisément ottomane, de Tripoli. Au cœur de la capitale de la Jamahiriya (“Etat des masses”) arabe libyenne populaire socialiste, célébrée pour ses luttes contre toutes les formes de colonialisme ou d’impérialisme contemporains, cette présence, attraction touristique majeure d’une capitale, qui par ailleurs en compte peu, semblé gênante. Du coup, les autorités libyennes minimisent sa réalité en l’ignorant. Elles tentent de le cacher en évitant de le mettre en valeur, l’occultent en le passant sous silence. La seule existence de ce monument à la gloire de l’impérialisme romain permet-elle d’expliquer le silence qui l’entoure dans la Libye contemporaine ?
Son histoire reflète pourtant plus que la seule strate romaine.  Monument de l’Empire romain antique, il fut aussi le symbole de l’Italie triomphante du XXe siècle puis de l’Empire fasciste au cœur  d’une ville arabe (et ottomane) et rappelle la présence étrangère sur le sol national. Que révèle ce silence du rapport au passé et à l’histoire de la Libye contemporaine, cette négation de la mémoire d’un lieu?

Cliquez sur l’image pour accéder au numéro 79 de Qantara.

Qantara #79 cover

Qantara #79

Advertisements

One Response to “Libya: The Arch of Silence”

  1. […] that ambiguity regarding the Arch of Marcus Aurelius in the heart of Tripoli’s Medina (click here to access the article). The arch was restored on the first days of the colonial occupation as early […]

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: