The newest of the Louvre galleries has opened this week: Islamic Art is now displayed in a marvel of architecture. Does Display (re)invent Islamic Art? This article examines how Islamic Art as an academic field was invented at the turn of the 20th century as it was being exhibited  in Paris, Munich or London. It analyses the French connection in the invention of Islamic art and reflects on the political meaning of exhibiting Islamic Art in a post-9/11 context and the Orientalist tradition: unveiling the Louvre veil on Islamic art.

The first islamic Art display at the Louvre: Delort de Gléon room, Pavillon de l’horloge, 1921

That article was published (in French) in Qantara, the cultural magazine of the Institut du Monde Arabe (Paris), #82, winter 2012. The issue was dedicated to the Invention of Islamic Art.

Musée du Louvre, Department of Islamic Art, Mario Bellini & Rudy Ricciott architects, 2012

Read the rest of this entry »

Here is a short book review of Silvia Naef’s Y-a-t-il une « question de l’image » en Islam ? [litt. Is there ‘a question of image’ in Islam? / trans. Pictures and Aniconism in Islam] (Paris, Téraèdre, 2004 / published in German in 2007). It was written in 2006 but published in 2004 [sic!] in Studia Islamica. It’s available online on Jstor. If I were to write it again I would write something very different. Reviewing that book offers a chance to discuss the issues of Orientalism and how the contemporary understanding of pictures and images is embedded in the 19th c. conception of an essentialist prohibition of pictures in Islam.

A propos de Silvia Naef, Y-a-t-il une « question de l’image » en Islam ? Paris, Téraèdre (collection « l’Islam en débats »), 2004, 132 pages.

1. La question de l’image en Islam est-elle caricaturale ? « L’affaire des caricatures » aux premiers mois de 2006 a réveillé de vieux démons d’une opposition Occident-Orient. Des caricatures du Prophète de l’Islam publiées dans le magazine danois Jyllands-Posten mettaient le feu aux poudres. Pour les commentateurs, peu importaient les dessins, leur pertinence ou impertinence, le bon ou le mauvais goût, qu’ils aient été vus ou non, c’était le principe de l’interdiction de la représentation figurée (en particulier celle du Prophète) qui avait été enfreint. Ce qui était alors apparu comme une haine de l’Occident pour les uns répondait à ce qui était vécu comme une haine de l’Islam[1] pour les autres. Le débat s’est donc résumé à une opposition de partis autour d’une idée reçue sur l’Islam, des mieux enracinées dans les consciences, celle d’une société sans images. Read the rest of this entry »

Whose Pharaohs?

June 6, 2009

Article publié in Qantara, 62, Janvier 2007 et partiellement reproduit (sans autorisation dans La nouvelle République d’Alger, 18 septembre 2007)

Temple de Karnak (ca. 1870)

Temple de Karnak (ca. 1870)

De l’appropriation du patrimoine préislamique dans le monde arabe.

Le 5 avril 2003, tandis que les forces américaines entraient dans Bagdad, les media annonçaient le pillage du Musée Iraqien et la disparition de 170 000 pièces d’antiquités. La réaction internationale condamnait alors avec la perte irrémédiable de collections d’objets assyriens, babyloniens, etc. la destruction d’un patrimoine de l’humanité. Les Irakiens pour leur part dénonçaient la destruction de leur patrimoine national[1]. Universel ou national ?

Sgt Lindsay posing with Nefertiti (1946) source: http://www.monumentsmenfoundation.org/
Sgt Lindsay posing with Nefertiti (1946)

À qui appartiennent donc les antiquités assyriennes, babyloniennes en Iraq ou Syrie, pharaoniques en Égypte, phéniciennes au Liban, byzantines en Jordanie, mais aussi romaines, berbères en Algérie, Tunisie, Libye et au Maroc, ou “négro-africaine” au Soudan ou en Somalie ? Comment les témoignages matériels de l’époque préislamique, l’héritage de la jahilyya en quelque sorte, peuvent être intégrés aux constructions des nations modernes à dominante musulmane ? Bien qu’on constate que c’est avec une intensité fort différente que s’exercent les demandes de restitution des œuvres acquises illicitement et conservées aujourd’hui dans les musées occidentaux, les patrimoines préislamiques dans le monde arabe sont finalement devenus des objets de négociation pour les États contemporains. Patrimoine mondial, patrimoine national : ces antiquités appartiennent-elles aux dites nations ou au reste du monde ? Comment les antiquités préislamiques sont devenues des enjeux identitaires tant au niveau des nations que sur la scène internationale

Read the rest of this entry »