Is Islamic Art a Western invention? I open with this article a series of articles I’ve published this year on the invention of Islamic Art. It comes in line with the reopening of departments of Islamic Art a the Metropolitan  in November 2011 and at the Louvre expected in 2012. It leads to a reflection on the Orientalist tradition and the political meaning of exhibiting Islamic Art.

Poster & Matiss

Poster of "Meisterwerke muhammedanischer Kunst" exhibition, Munich, 1910, photo:DR. // Matisse and friends at the Oktoberfest, Munich 1910, DR.

Are contemporary exhibitions/museums of Islamic Art embedded in a century old Orientalist tradition?
Here’s a book review – published on Studia Islamica, 2011, 2 – of Avinoam Shalem & Andrea Lermer’s After One Hundred Years that celebrated the 100 years of the exhibition ‘Meisterwerk muhammedanischer Kunst’held in Munich in 1910. The aim of the organisers the Munich 1910 exhibition was to break up with Orientalism by linking Oriental Art to Modernism. The exhibition entered history that way with Matisse among other avant-garde artists visiting it. This book examines the heritage of this amazing exhibition considered as a major landmark in Islamic Art studies. This book review offers a chance to reflect on the history of exhibitions as a research topic. It also raises questions on the contemporary exhibitions of Islamic Art in the public space and their political discontent. Is exhibiting Islamic Art political? As more museums are being opened, the orientalist tradition raises under the cover of a so-called  Islamophilia supposed the counter post 9/11 islamophobia.

After one hundred years: the 1910 exhibition ‘Meisterwerk muhammedanischer Kunst’ reconsidered’, Andrea Lermer and Avinoam Shalem, Leyde, Brill, 2010, 401 p. Read the rest of this entry »

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Nouvelle publication !

December 24, 2009

Pratiques du patrimoine
en Egypte et au Soudan

The newest book I coedited for the CEDEJ (Cairo, MAEE/CNRS USR 3123) scientific journal Egypte/Monde arabe, was realeased on the 21st of December in Cairo. It will be available soon on line at ema.revues.org. Meanwhile, you can order it by clicking on the cover below (they ship worldwide!). I’m quite happy with the outcome of that long editing process: it’s elegant and the content is definitively original. Read below the abstract of the book and download the table of content.

EMA 5-6 / ©Golo

Comment et pourquoi invente-t-on du patrimoine en Égypte et au Soudan ? Quels sont les objectifs qui sous-tendent les phénomènes de diversifications et d’inflation patrimoniales qui y sont aujourd’hui à l’œuvre ? Telles sont les questions explorées dans ce numéro d’ÉgypteMonde Arabe.

L’Égypte et le Soudan offrent des exemples remarquables de patrimonialisation. Du Caire à Siwa en passant par Alexandrie, de Naqa à Wadi Halfa en passant par Khartoum, du patrimoine archéologique, architectural et urbain au patrimoine folklorique, ethnologique et religieux, l’analyse de ces situations suggère des rapprochements stimulants. Les treize contributeurs à cet ouvrage – architectes, anthropologues, musicologues, historiens, archéologues, médiateurs – ont en commun de chercher à cerner le cheminement qui amène à tenir pour acquis l’existence et l’importance des valeurs patrimoniales attribuées à des ensembles d’objets, lieux, évènements ou traditions.

Cet ouvrage rend compte de la difficulté d’appréhension d’un sujet encore très peu exploré en Égypte et au Soudan et met en lumière une nouvelle donne patrimoniale traduisant une mutation de l’agencement des territoires et des identités. En ce sens, il apporte un éclairage inédit à propos des articulations, des décalages, voire des hiatus existants, entre « fabrication » et « pratiques » du patrimoine.

Omnia Aboukorah, architecte et docteur en géographie, est chercheuse associée au CEDEJ. Spécialiste des processus de patrimonialisation du cadre architectural et urbain, elle s’est particulièrement intéressée aux terrains égyptien et éthiopien.

Jean-Gabriel Leturcq est doctorant en Histoire à l’EHESS (Paris) et chercheur associé au CEDEJ. Il est spécialiste des politiques du patrimoine et des musées en Égypte et au Soudan.

Avec les contributions de Mercedes Volait, Vincent Battesti, Karim ben Meriem, Severine Gabry,  Emmanuelle Perrin, Galila El Kady, Thomas Fracapani, Aymé Lebon, Iris Seri-Hersch, Ida Dyrkorn-Heierland, Coralie Gradel, Costanza de Simone.

Consulter le sommaire en cliquant ici: Sommaire EMA 5-6

On the 7th of October 2009, the French Culture minister  announced the Musée du Louvre would return to the Egyptian authorities five  fresco fragments   supposedly stolen from a tomb in the Kings’ Valley (Louxor). Why did it break the news?

Egyptian officials and the returned hair of Ramses IIThe issue is not really new. Since the early 2000’s, the problem of cultural property have gained visibility and  became a  source of diplomatic and political conflict. Two opposite positions are confronting. On one hand, institutions in archaeological-source countries claim for the right to be returned, rapatriated or restituted “their” “looted” artifacts as part of the national heritage. On the other hand, 18 museums from antiquities-importing countries have signed the Declaration of the importance and Value of Universal Museums (2002) stating the artifacts in their collections do not belong to a  nation in particular but to the entire Humanity. As both arguments can be considered as valid, it results  in a deadlock situation such as in the case of the Parthenon/Elgin Marble whose property is claimed at the same time by Greek authorities and the British Museum.

The new thing about this recent return is that the Louvre is one of the museums that signed the 2002 Declaration. For the first time, one of those museums agrees in such a short time (less than two weeks) to return the claimed pieces… without negociating any condition. How was it possible?

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Above is the presentation related with the article beneath:

« La question des restitutions d’œuvres d’art : différentiels maghrébins », L’Année du Maghreb, Paris, CNRS édition, 2008, p. 79-97 (Dossier « La fabrique de la mémoire : variations maghrébines », dir. Jean-Philippe Bras).

Here is the introduction:

« Eh quoi ? Les indiens massacrés, le monde musulman vidé de lui-même, le monde chinois pendant un bon siècle, souillé et dénaturé, le monde nègre disqualifié, d’immenses voix à jamais éteintes, des foyers dispersés au vent, tout ce bousillage, tout ce gaspillage, l’Humanité réduite au monologue, et vous croyez que tout cela ne se paie pas ? » Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950

Depuis une quinzaine d’années, les demandes de restitutions d’objets pillés par les puissances coloniales ne cessent d’augmenter en nombre comme en médiatisation. Parallèlement, la question des réparations de la dette morale et physique du colonialisme s’est engagée entre anciens colonisés et colonisateurs. Le débat sur les restitutions et les réparations conditionne les rapports Nord-Sud ; comme si, pour faire mentir Aimé Césaire, l’Humanité n’était pas réduite au monologue et que le bousillage devait être payé. La restitution d’oeuvres d’art sert-elle la réparation d’un passé bafoué ? Comment des objets de patrimoine sont-ils devenus des objets de conflits ? Read the rest of this entry »

Here is a polemic research article I wrote in 2007 about Dr. Zahi Hawass published in Enrique Klaus et Shaymaa Hassabo (ed.) Chroniques Égyptiennes 2006, Cairo, CEDEJ, 2007. new! (september 2009) download the article here or buy the book here

Et Zahi créa l’Égypte: Quand glamour et patrimoine défraient la chronique

Cet article analyse le discours et les polémiques publiés dans la presse égyptienne autour de la personnalité de Zâhî Hawwâs, le secrétaire général du Conseil suprême des antiquités (CSA) en 2006. L’homme a bâti son pouvoir sur le patrimoine égyptien, utilisant sa position institutionnelle ainsi que l’image de prestige qu’il a projetée dans les médias étrangers.

L’article rend compte de son emprise sur le patrimoine égyptien qui englobe les champs culturel, économique et politique. Néanmoins, sa présence dans la liste des 100 personnalités les plus influentes dans le monde dressée par « Time Magazine » ainsi que sa reconduction à la tête du CSA n’ont pas empêché les critiques en Égypte concernant sa stratégie de communication, orientée vers les médias.

Cet article décrit ainsi un jeu de miroir reflétant les ambiguïtés de la politique locale et le prestige international de Égypte en termes de patrimoine, d’identité, de pouvoir, de connaissance, de sciences mais aussi de business. En tant que personnification de l’archéologie égyptienne, Zahi Hawass incarne toutes ces ambiguïtés.


“And Zahi created Egypt”, When Glamour and Heritage Break the News

Abstract

The aim of this article is to analyse the discourse and the polemics in the Egyptian newspapers that surrounded Zahi Hawass, the Supreme Council of Antiquities General Secretary in 2006. By his institutional position and by the prestigious image of himself  he projected in the international media, he built up his power over the Egyptian heritage.

The article gives an account of his seizure over that heritage, which encompasses realms of culture, economics and politics. Yet, his nomination in Time Magazine’s list of the top 100 most influential personalities worldwide and his reappointment at the head of the Supreme Council of Antiquities did not prevent national criticism towards his media-oriented policies.

This article describes a game of mirrors reflecting the ambiguities of local politics and international prestige of Egypt in terms of heritage and identity, power and knowledge, science and business. As the personification of Egyptian archaeology, Zahi Hawass epitomises all those ambiguities…